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- Biométrie : camouflet pour Big brother à l'AFPPar SUD-AFP :: 05/01/2009 à 16:43 :: CNIL
Camouflet pour Big brother à l’AFP La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a imposé à l’AFP la désinstallation d’un système de biométrie que SUD contestait depuis plus d’un an. Depuis le 1er janvier 2009, l’accès aux salles informatiques de l’AFP n’est en principe plus régi par le dispositif biométrique illicite que la direction avait installé et maintenu malgré les nombreuses interventions de SUD. Le président de la CNIL Alex Türk est venu en personne rencontrer le PDG Pierre Louette, le 22 octobre 2008 à l’agence. Dès le lendemain (23 octobre), une délégation d’experts de la CNIL s’est rendue sur place pour constater ce que SUD avait dénoncé depuis un an : la direction avait triché vis-à-vis de la CNIL à propos du système biométrique installé à l’AFP. « Risques de dérive » Rappel des faits. Lorsqu’en septembre 2007, des techniciens ont refusé de donner leurs empreintes digitales pour la biométrie, SUD-AFP n’a pas hésité à prendre leur défense, d’autant que l’examen du dossier a rapidement révélé de nombreuses irrégularités. « Les données biométriques sont des données d’identité » ; il y a des « risques de dérive », souligne la CNIL dans sa « Communication relative à la mise en oeuvre de dispositifs de reconnaissance par empreinte digitale avec stockage dans une base de données », publiée fin 2007. Extrait : « La donnée biométrique n’est pas attribuée par un tiers ou choisie par la personne : elle est produite par le corps lui-même et le désigne ou le représente, lui et nul autre, de façon immuable. Elle appartient donc à la personne qui l’a générée. On comprend dès lors que toute possibilité de détournement ou de mauvais usage de cette donnée fait peser un risque majeur sur son identité. Confier ses données biométriques à un tiers, lui permettre de les enregistrer et de les conserver n’est donc jamais un acte anodin : cela doit répondre à une nécessité a priori exceptionnelle, justifiée, et être entouré de garanties sérieuses. »[1] La CNIL distingue clairement entre deux systèmes biométriques : · « Reconnaissance par badge ». Pour franchir la porte, la personne fait comparer son doigt avec les données stockées dans son badge. Il s’agit d’un « stockage sur un support individuel (maîtrise des données par le détenteur) ». · « Reconnaissance par doigt seul ». Les données sont stockées dans les boîtiers de reconnaissance optique à l’entrée des salles : « stockage sur un support non individuel (maîtrise des données par un tiers) ». Seule la reconnaissance biométrique par badge a été déclarée par l’AFP et autorisée par la CNIL. La reconnaissance « par doigt seul », également installée, n’a pas été déclarée, et pour cause : ce genre de dispositif n’est autorisé qu’aux entreprises type centrale nucléaire, site classé Seveso ou « secret défense ». C’est ce système que l’AFP doit désinstaller, conformément à ce que SUD avait réclamé devant le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du 24 septembre 2008. Lors de cette réunion, le directeur des Systèmes d’information (DSI), Jean-François Wets, par ailleurs président du CHSCT, avait réaffirmé qu’il n’avait rien à faire des demandes de SUD. Visiblement, l’intervention directe du président de la CNIL auprès du PDG l’a fait changer d’avis… Vigilants ! Dans cette affaire, la direction a fait preuve d’un scandaleux mépris de la loi et d’un autisme inquiétant. Force est de constater qu’elle a pu s’appuyer sur l’inaction, voire la complaisance, de l’ensemble des acteurs internes concernés : · le CIL (Correspondant informatique et liberté), désigné par le PDG en juin 2007 et censé assurer « la diffusion de la culture informatique et libertés » au sein de l’entreprise · le « groupe de travail » CNIL (composé de membres de la direction, du CIL, d’un journaliste texte, d’un photographe et d’un représentant du CHSCT). · la quasi-totalité des élus du personnel, pourtant alertés par SUD et par une lettre de l’Inspecteur du travail.[2] La bataille sécuritaire à l’AFP a été lancée fin 2004/début 2005, peu après la grève sur les « bonus » (primes « one shot » de 30.000 et de 35.000 € pour des responsables du service Photo). C’est Pierre Louette, à l’époque n° 2 de l’AFP, qui a mené l’offensive, en enlevant aux employé-e-s du Service de Paie la gestion de la paie des directeurs et en publiant sur l’Intranet le texte « Pour maîtriser le risque pesant sur nos activités ». Ce document met en garde contre les « conflits internes » comme l’une des sources de risques ![3] Poursuivant cet élan, Jean-François Wets envisageait en 2006 d’installer la reconnaissance biométrique à l’entrée de l’AFP.[4] Dans cette perspective, la mise en place illicite, un an plus tard, du système biométrique devant les salles informatiques constituait sans doute un test. Au moment où fichage et flicage deviennent des éléments constitutifs de la politique liberticide et antisociale dans ce pays (fichier « Edvige », « Base élèves »…), l’intervention de la CNIL, suscitée par SUD, marque un coup d’arrêt bienvenu aux velléités sécuritaires de la direction. Paris, le 5 janvier 2009 Notes :
[1] http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/dossier/CNI-biometrie/Communication-biometrie.pdf [2] Cf. les PV des Comités d’entreprise du 11-10-2007, p. 23-24 et du 10-07-2008, p. 27-29 (ASAP – Comité d’entreprises – Plénières), le communiqué SUD « Big brother à l’AFP » du 22-10-2007 – [3] (ASAP – Direction – Direction générale – Communiqués PDG/Direction – Note sur la sécurité dans l’entreprise, 10-01-2005). [4] Cf. PV du CHSCT du 16-06-2006 (ASAP – Acteurs sociaux – CHSCT)
- Big brother à l'AFPPar SUD-AFP :: 22/10/2007 à 16:40 :: CNIL
Big brother à l’AFP Au moment où une partie de la majorité UMP tente d'imposer des tests ADN pour ériger une nouvelle ligne Maginot contre une supposée invasion d’étrangers, l'AFP n'est pas épargnée par l'obsession sécuritaire et répressive. Biométrie Des techniciens ont récemment refusé de se soumettre à l’enregistrement de leurs empreintes digitales, rendu nécessaire par l’installation de verrous biométriques pour accéder aux salles informatiques. Selon la loi, la direction a le droit d'imposer la biométrie à ses subordonnés. Mais pour cela, elle doit respecter un certain nombre de procédures qui tendent à protéger les salariés. Ceux-ci doivent notamment avoir des garanties sur le stockage de ces informations ultrasensibles. C’est ce que confirme une lettre de l’Inspecteur du travail, Gérard Filoche, saisi par SUD-AFP. Dans sa missive, adressée à la DRH Marie-Laure Rathery et datée du 11 octobre 2007, le représentant des pouvoirs publics critique que « l’introduction de "serrures biométriques" (…) se fait sans qu’il y ait consultation du CHSCT*, sans modification de la "charte informatique" et sans modification du règlement intérieur. » Il poursuit : « Il m’a été dit que la CNIL aurait été consultée et qu’il n’y aurait aucun argument contre. Mais cette "réponse" de la CNIL n’a pas été communiquée aux élus du personnel ni au CHSCT (…). » (* Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) Charte informatique Or, une « Charte des ressources informatiques et de l’Internet » vient d’être approuvée par la majorité du Comité d’entreprise, lors de la réunion plénière du 11 octobre. Ce texte ne mentionne nullement la biométrie ! En revanche, il :
En outre, la Charte ne donne aucune garantie sérieuse quant au respect du droit syndical. Ainsi, un délégué syndical qui utilise son ordinateur AFP pour alimenter un site Internet de son organisation syndicale logé hors AFP sera en infraction vis-à-vis de l’article 4.4 (qui restreint d’ailleurs le droit individuel de TOUT salarié de l’AFP) : « L’utilisateur s’interdit de créer, depuis son poste de travail, des pages personnelles diffusant ainsi des informations sur lui-même ou sur ses activités professionnelles liées à l’AFP. » L’ennemi intérieur Si l’Agence doit bien évidemment se prémunir contre les tentatives de piratage et d’envahissement extérieures, nous ne pouvons nous empêcher de penser que les nouvelles mesures visent au moins autant « l’ennemi intérieur ».)* Rappel historique : La sécurité informatique est apparue fin 2004/début 2005, peu après la grève sur les « bonus ». C’est Pierre Louette, (actuel PDG) à l’époque n° 2 de l’AFP dans l’ombre de Bertrand Eveno, qui a mené l’offensive, en enlevant aux employé-e-s du Service de Paie la gestion de la paie des directeurs et en publiant sur l’Intranet (ASAP) le texte « Pour maîtriser le risque pesant sur nos activités ». Ce document fait explicitement mention des « conflits internes » comme l’une des sources de risques ! Curieux hasard du calendrier : l’article de Pierre Louette a été publié au moment des grèves contre la fermeture du bureau de Caracas. Des techniciens, épaulés par l’Intersyndicale, venaient de rétablir les fils entre Paris et Caracas, coupés par la direction (cf. Communiqué intersyndical du 6 janvier 2005). Soyons vigilants ! SUD s'étonne que la majorité du CE ait approuvé la « Charte informatique » qui n’a fait l’objet d’aucune information large du personnel, alors qu’elle nous concerne tous. Nous nous félicitons de ce que plusieurs élus aient entendu les arguments de notre délégué, refusant de cautionner ce texte liberticide. Alors que la biométrie risque d’être étendue à d’autres services (il était même envisagé de l’utiliser pour l’accès principal de l’Agence), la vigilance est de mise. Lisez le texte de la « Charte informatique » ! Envoyez-nous vos commentaires ! Signalez-nous tout incident, toute mesure que vous jugez contraire à vos droits fondamentaux ! A la direction nous demandons le respect des procédures (cf. lettre de l’Inspecteur du travail). Paris, le 22 octobre 2007 )* L’engouement sécuritaire contraste avec la perméabilité du dispositif de sécurité pour les forces répressives qui envahissent, depuis plusieurs semaines, le quartier de la bourse pour en chasser les sans-logis. A plusieurs reprises, des salarié-e-s se sont retrouvé-e-s nez-à-nez avec des gendarmes mobiles qui sortaient des toilettes de l'AFP. On ne vous dit pas comment est traduit le sigle AFP depuis... |
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